L'église est placée sous le vocable de saint Vincent. Ce patron titulaire est cependant oublié, alors que le saint protecteur, saint Laurent, est célébré annuellement par la communauté lors de la fête de la paroisse. Ces deux diacres, martyrisés sur un gril, sont souvent associés dans l'iconographie chrétienne. Dans cette région viticole, on a choisi d'invoquer saint Vincent, patron des vignerons.

A NOTER : en juillet et en août, l'église est ouverte chaque mardi et vendredi de 15h à 18h, profitez-en !

Historique

Plusieurs campagnes de construction

img_2378bL'église à nef unique, à trois travées, terminées par un choeur à chevet plat, est flanquée de quatre chapelles latérales. Le choeur est surmonté d'un clocher-tour ajouré aux deux étages supérieurs.

La présence d'un prêtre en 1320 permet de supposer l'existence au XIVe siècle d'un premier édifice dont la façade serait le vestige. Le reste de l'église a pu être construit entre le XVe et le XVIe siècle. Un prêtre de la paroisse, Antoine de Tressange, a engagé une campagne de reconstruction entre 1539 et 1555. La porte d'entrée, datant de 1540, est le témoins de ces travaux.

Cette porte Renaissance a été sculptée avec beaucoup de soin : les fûts des deux colonnes qui l'encadrent sont circulaires à la base et carrés dans leur partie supérieure. A l'intérieur, la nef s'ouvre sur quatre chapelles par des arcs plus bas.

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Les chapelles Est et la nef sont voûtées d'ogives finement moulurées qui dateraient du XVe siècle. Les chapelles Ouest et le choeur sont au contraire voûtés sur liernes et tiercerons qui retombent par de curieuses accolades sur des culots sculptés.

Cette technique élaborée de voûtement était utilisée au XVIe siècle.

Au XIXe siècle, l'intérieur de l'édifice a reçu un décor peint, donnant une unité à l'ensemble de l'église. Certains motifs, comme les flammes et les draperies de la chapelle des âmes du purgatoire, rappellent ceux de Viollet-le-Duc a dessinés pour Notre-Dame de Paris.

Un aménagement qui évolue avec la foi

img_2352bEn réaction à la Réforme protestante, le Concile de Trante (1545-1563) clarifie la doctrine de l'art religieux et encourage le renouvellement des images de dévotion. Le retable majeur, sculpté au XVIIe siècle, est fait pour accompagner une liturgie théâtrale destinée à impressionner le fidèle. Il est caractéristique du style baroque, avec ses colonnes torses et son riche décor de fruits, de fleurs et d'angelots. Le tableau central représente la Crucifixion, et au-dessus, le Christ ressuscité sort de son tombeau. Les deux patrons de la paroisse, saint Vincent et saint Laurent, vêtus de la dalmatique des diacres, tiennent la palme du martyre.

Le tabernacle conçu comme une petite architecture pour exposer le saint Sacrement, fait également référence à la Résurrection. Cinq panneaux en bas-relief représentent des scènes de la Passion du Christ : le Christ au Mont des Oliviers, la Flagellation, la Crucifixion, le Christ aux Outrages et le Portement de Croix.

La chapelle Sud-Est est consacrée à la Vierge du Rosaire. Les prières à la Vierge par la récitation de rosaires ont été encouragées par l'ordre dominicain. La présence d'une confrérie du Rosaire à Saint-Vincent-Rive-d'Olt peut expliquer cette dévotion. La Vierge à l'Enfant est entourée de deux dominicains : saint Dominique et sainte Catherine de Sienne, à qui l'enfant Jésus tend un rosaire. Un jeu de mot a été inventé à partir du nom latin des Dominicains, Dominicani : Domini canes "les chiens du Seigneur", c'est pourquoi on a représenté un chien aux pieds de saint Dominique. Sous les peintures du XIXe siècle de la voûte, apparaissent des motifs bleus, jaunes et verts qui représenteraient des paniers de fleurs stylisés. La chapelle dédiée aujourd'hui à saint Joseph a reçu ce vocable à la fin du XIXe siècle. Le tableau du retable a été remplacé par une statue du saint, tenant l'Enfant Jésus dans les bras.

img_1128b-nathLa chapelle Sud-Ouest est vouée au Christ du Sacré-Coeur. Le XIXe siècle remet à l'honneur la dévotion au Sacré-Coeur de Jésus qui souligne l'amour du Christ pour les hommes. Les coeurs et la couronne d'épines peints sur les murs, le vitrail et la statue du retable en sont l'illustration. Le retable a un style plus sobre que les autres retables de l'église. Ses colonnes cannelées et son décor végétal discret marquent le goût du début du XVIIe siècle.

La chapelle Nord-Ouest est consacrée à Notre-Dame de la Délivrance. Cette dévotion connaît un nouvel essor au XIXe siècle. Le purgatoire est le passage où les âmes qui ne peuvent directement accéder au ciel expient leurs péchés. la Vierge intercède pour les âmes du purgatoire qui sont purifiées dans les flammes. Avant le XIXe siècle, cette chapelle était dédiée à saint Martin. Le tableau qui se trouvait au centre du retable a fait place à une niche qui accueille aujourd'hui aujourd'hui la statue de Notre-Dame de la Délivrance. Sur la porte du baptistère du XVIIe siècle, deux scènesreprésentent le même baptême : à droite, la procession vers l'église et à gauche, l'entrée dans l'église. La logique du récit n'est pas respectée.

Ces panneaux semblent donc avoir été inversés après un remontage. La baptême est aussi représenté sur le couronnement où saint Jean Baptiste baptise le Christ.

[Source : Les églises buissonnières dans le Lot, collectif DESS Patrimoine de l'Université de Toulouse-le Mirail, Service Départemental de l'Architecture du Lot]

Petite visite virtuelle de l'église Saint-Vincent

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