AlbasLe village est situé dans un site exceptionnel, au sommet d'une falaise percée de grottes, en à-pic sur la rivière du Lot. Au XIème siècle, le site d'Albas était nommé " Castrum Albaribus ", puis " Albars " ou " Albas ". Certains y voient le nom occitan du saule blanc (" Salix alba "), arbre à baies, blanc et tendre, qui pousse sur les terrains humides. Pour d'autres, la racine celtique " alba " signifie colline ou forteresse.

 

Albas connut au Moyen Âge le même sort que celui des villages voisins. Point stratégique sur la rivière Lot qui était la principale voie de communication, la cité était à la fois un port et une place forte. Le village s'embusqua dans des fortifications sur son bastion et installa des tours de guet à proximité.Albas

A l'époque féodale, le Quercy était morcelé en une pléiade de seigneuries laïques et ecclésiastiques. L'évêque de Cahors était alors le plus puissant des seigneurs dans la basse vallée du Lot où il organisa un domaine important autour de points forts comme Mercuès, Luzech, Puy-l'Evêque ou encore Albas.

Contrairement à Puy-l'Evêque ou Luzech, les évêques adoraient demeurer ici et s'occupaient toujours de veiller à la sûreté de la cité. Elle fut toutefois conquise une fois durant la Guerre de Cent Ans en 1418, mais elle eut surtout à souffrir des Guerres de Religion : les Huguenots la pillèrent à plusieurs reprises en 1562, en 1570 et en 1620.

La cité vécut donc pendant sept siècles sous la gérance des évêques de Cahors. Elle eut l'avantage d'acquérir une Charte de Coutumes en 1621, c'est-à-dire un ensemble de règlements gérant les droits et les devoirs partagés des seigneurs et des habitants.

Face au village, on distingue le château du Port en pierres blanches de Loire, derrière ses séquoias et ses cèdres centenaires. Il fut construit en 1870 par un banquier parisien dans ce style néo-classique très prisé à la fin du XIXème siècle. Sur la gauche, après Rivière Basse, on découvre le château du Cayrou (à ne pas confondre avec le château du Cayrou de Puy-l'Evêque appartenant à la famille Jouffreau). Il appartient dès le XIVème siècle à la famille de Guiscard également propriétaire du château de La Coste à Grézels. En 1659, il est vendu aux Chanoines Réguliers de Saint-Augustin de Cahors, puis il est confisqué comme toutes les possessions ecclésiastiques pendant la Révolution. Il est alors racheté par un négociant en vins de Bordeaux. Aujourd'hui, la famille de Montpezat en est propriétaire et la belle demeure du Cayrou est au centre d'une vaste exploitation viticole.

L'histoire du vin de Cahors est étroitement liée à celle de la batellerie sur le Lot. Les évêques possédaient de grands domaines à Albas dont les produits ne pouvaient être consommés sur place par les habitants. Il était donc nécessaire d'encourager l'exportation par voie fluviale, car les routes étaient quasi-inexistantes.

L'initiateur du projet fut l'évêque Guilhem de Cardaillac qui décida le 19 juillet 1219 l'aménagement du " cami de l'aïgua ", le chemin de l'eau, jusqu'à Condat-de-Fumel, limite de l'Agenais. Le Lot permit donc le transit économique et rapide des futailles jusqu'à Bordeaux et au-delà vers l'Angleterre, la Russie, l'Amérique, etc.