img_1309bDésignée sous le vocable de Saint-Jacques, la chapelle s'inscrit dans le castrum médiéval de Luzech. Construite en briques, elle se distingue par rapport aux édifices religieux du Quercy.

Une chapelle aux multiples vocations

Dès son origine, à la charnière des XIIe et XIIIe siècles, la chapelle semble liée à un ensemble hospitalier aujourd'hui disparu. A la fin du XVIe siècle, alors que les guerres de Religion sévissent en Quercy, une confrérie religieuse, composée de laïcs, celle des Pénitents bleus, s'installe à Luzech. Revêtus de leur habit de toile bleue, les Pénitents accomplissent des processions, notamment vers l'église Saint-Pierre ou la chapelle Notre-Dame-de-l'Île. La confrérie tient réunion et célèbre ses offices dans la chapelle qui est adaptée à de nouvelles exigences, d'où d'importantes modifications pour l'édifice : orientation (?), mobilier, décoration, aménagement. Avec la Révolution, la chapelle perd sa fonction : la bâtiment est désaffecté et dévolu à la Société montagnarde, créée à Luzech en 1793. A diverses reprises des élections municipales s'y déroulent.

Un temps suspendue, la confrérie des Pénitents se réforme au XIXe siècle, et occupe la chapelle jusqu'à la fin du Second Empire.

img_1310b Aujourd'hui des offices religieux y sont toujours célébrés.

Un édifice simple aux nombreux remaniements

La façade sur rue présente certains éléments romans peu représentés dans le Quercy : chevet plat, triplet de baies, rose (le portail sera aménagé par la suite).

01bLe clocher, percé de baies aux formes romanes, est construit plus tard ; il rappelle par son toit l'architecture traditionnelle de la région. A l'origine, certaines dispositions différaient et la chapelle bénéficiait d'un tout autre éclairage puisque nombre de ses ouvertures sont actuellement obturées. Les ouvertures signalaient les aménagements successifs: le mur latéral sud (accès par une venelle) possède deux fenêtres romanes de dimensions modestes, tandis qu'au nord, les ouvertures ont été largement surbaissées. Sous la fenêtre de la travée médiane, on observe un arc légèrement brisé, vestige probable d'un enfeu (niche qui peut abriter un tombeau). Sur l'élévation ouest, deux ouvertures aménagées avec un seuil indiquent certainement l'existence de portes en liaison avec un bâtiment antérieurement accolé à la façade.

Le plan de l'édifice, peu régulier, présente certaines anomalies. On peut observer à l'intérieur de l'édifice l'alignement des clés de voûte, particulièrement celle de la travée de choeur, largement décentrée vers le nord-ouest. Plus qu'une maladresse d'éxécution, on peut supposer que des contraintes de construction (dues au parcellaire médiéval) en sont la cause. Les voûtes témoignent de l'influence des cisterciens dans l'émergence de l'art gothique du sud-ouest de la France.

La voûte (dite sur croisée d'ogives) est portée par des arcs doubleaux à brisure légère et large intrados plat. Elle possède des ogives de section carrée qui ont la particularité de retomber en biseau sur les piliers. Ce type de voûte qui se développe avec le XIIe siècle dans l'ère tolosano-albigeoise est peu courant dans le Lot. Alors que traditionnellement les Eglises sont tournées vers l'est, le choeur se trouve ici placé à l'ouest.

Toutefois un placard liturgique situé dans la permière travée indique que la chapelle était initialement oientée. La décoration, inachevée sur la première travée, date du XIXe siècle. Composée de motifs géométriques et végétaux, elle se termine par des draperies en trompe l'oeil qui ferment le choeur. Deux croix sont placées sur les murs des travées sud dont une croix de procession d'inspiration populaire. Outre un maître-autel en bois polychrome, on remarque dans une niche aménagée dans une ancienne porte une statue en bois de saint Jean Baptiste.