02bVoici 140 millions d'années environ, à l'époque où régnaient les dinosaures, les eaux de la mer d'Aquitaine commencent à se retirer. Durant cette lente décrue, au cours de nombreux siècles, elles vont graver le modelé définitif des collines, des vallées et des plaines qui fera la beauté unique du site de Luzech.

Une longue échine de terre et de rocs, en forme de fer de lance, pénètre Nord-Sud dans l'axe de l' extraordinaire méandre de la rivière. Elle descend par saccades vers l'isthme qui précède l'imposante boucle du Lot, puis elle se redresse pour former un promontoire rocheux, formant une barrière à l’extrémité de l'actuelle mairie.

385bEnfin, elle façonne un curieux monticule "La Pistoule" semblable à la bosse d'un dromadaire dont les flancs glissent en éventail vers la plaine d'alluvions qui s'étend jusqu'au bord du cours d'eau. Plus tard, les hommes donneront un nom à tous les éléments de ce relief : "l'lmpernal";, "le Pech de la Nène","le rocher de Saint Projet", "la barrière de la Trincade", "la Pistoule" et "la plaine de l'Ile".

La première implantation humaine remonte au Magdalénien (15 000-10 000 av. J.C.). Les objets caractérisant cette époque ont été découverts par l'Abbé Malga, curé de Cels, en 1911, dans la première salle de la grotte du "Pech de La Nène".

En ce même lieu et sur les pentes du pech, des traces d'occupation néolithique (pierre polie), furent mises à jour par l'Abbé Malga, ainsi que par Robert Tardieu en 1949.

Lors de ces fouilles, Robert Tardieu trouva des fragments de poterie de l'Age du bronze dans une salle de la grotte.

img_1357bL’ensemble du mobilier archéologique est déposé au musée municipal Armand Viré (maison des Consuls à Luzech), organisé par Jean Royère dans des vitrines sur mesure dues au talent d'Albert Guitou, Alphonse Blanc et Henri Desprats.

Délaissant ces lieux, dès le premier Age du fer, les hommes s’établirent sur un éperon barré de l'Impernal et dans l'isthme de Luzech.

Jean Royère a repéré du matériel archéologique de l'Age du fer lors des travaux d'assainissement effectués dans la rue de la Ville en 1990. Dans les collines de Camy, dans la cévenne de la Couaille, se trouvent encore des "gouffrières" (cavernes), qui servaient de cache aux habitants pendant les périodes troubles, comme au temps où les normands remontaient le Lot sur leurs drakkars, jusqu’à Cahors. Progressivement, "l'Impernal " fut abandonné, à l’époque des châteaux forts et des premiers "burgs".

Au bout de la côte de "l'Impernal", un bosquet de vieux chênes rabougris entoure une cabane de pierre Guy Bonder l'avait aménagée pour venir, avec les siens, passer de longues heures sur ce site qu'il aimait fréquenter et étudier.